Dimanche 6 juillet 1986, Jacky Vimond devient Champion du Monde de motocross ! C'est le premier titre mondial d'un pilote français en motocross. C'était il y a 40 ans ! Et pour fêter cet événement, Pascal Haudiquert a eu l'idée d'écrire un livre. Jacky a tout de suite adhéré au projet en disant a Pascal : " il n'y a qu'avec toi que je voulais le faire". Comme nous le confiait Pascal début août 2025 : " En ce moment, je passe 2 heures avec Jacky tous les vendredi à recueillir ses souvenirs !

"Un titre, à quel prix ! " est donc le titre de ce livre. Il est composé de quatorze chapitres :
1- Le titre, enfin !
2- Aprs le drame, se reconstruire
3- Retour gagnant
4- Des débuts...chez les Anglais
5- Les années 125
6- Un Dakar, sinon rien
7- 1984, l'éclosion en 250
8- Une décennie avec les diapasons
9- Clap final !
10- La reconversion
11- Ils témoignent
12- La fratrie Vimond
13- Les fans
14- Farleigh Castle, dernier départ !

Pour revenir au titre du livre, "Un titre, à quel prix ! ", on se doute qu'un titre de champion du Monde, ce ce n'est pas facile à obtenir ! C'est ce que nous racontait Jacky lors d'un interview en 2020 :
En 1982, je vais chez H.Mikkola pour effectuer un stage. En fait cela s'est avéré être plus un test qu'un stage ! J'ai travaillé et j'ai vu ce qu'il fallait faire pour être champion du monde. Ce n'était pas le double de ce que je faisais qu'il fallait réaliser, mais le triple !! Quand je roulais une heure à vélo, j'avais l’impression que c'était bien, ou quand je prévoyais de courir 10 km et que j'en faisais 11. C'est après que je me suis aperçu, qu'il fallait faire 2h30 de vélo et 1h30 de footing ! J'ai réalisé le travail que je devais faire. C'était déjà dans ma tête. Quand je suis rentré, je me suis dit, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Chez Yamaha, on a fait de la place, et on a installé une salle de sport et j'ai suivi mon entrainement.
Après mon premier podium en Espagne en 1982, on a la sensation d'y arriver, que le travail investi porte ses fruits. Je me suis dit que j'avais mes chances et que j'y croyais. C'est ce qui m'a encouragé à ne rien lâcher. J'ai eu les deux jambes fracturés, mais pas en même temps, une opération du genou, et à aucun moment je n'ai songé à arrêter. Sauf peut-être après l'accident du Paradis Latin, car là il fallait remarcher et après, remonter sur une moto.
La saison de 1983 avait mal débuté car j'avais été malade durant l'hiver avec une embolie et une péritonite. J'avais du mal à respirer, je n'avais pas pu m'entrainer avant la saison de Grand Prix. On me pensait fini chez Yamaha et j'ai réussi à marquer deux points en Hollande. C'est là que l'on me surnomme "Maximum". Fin 1983, Yamaha m'a dit : "Tu fais le Dakar ou tu ne fais plus de motocross." Je n'avais pas le choix. En quelque sorte cette septième place en GP 125, était une régression, car après ça, ils me voyaient en pilote de rallye. En Octobre, nous sommes allés au Maroc nous entrainer. Je me suis dit, je vais aller au Dakar, mais je suis loin d'être fini. Le soir, après chaque journée, je pensais au motocross. Le jour, je faisais ma corvée. Finalement, la saison 1984 a été un révélateur et à la fin de l'année, ils m'ont dit :" On continue, l'usine est derrière toi."
En 1984 j'aurais pu gagner mon premier Grand Prix de France. C'est dommage, j'avais gagné la première manche avec 20 secondes d'avance. Et en seconde, j'étais parti devant, je menais la manche, mais j'ai chuté deux fois. Kinigadner revient et me double. Puis, à la fin de la manche, j'ai eu un problème de moteur. Les segments se sont collés au piston, le piston avait fondu. A la fin, je ne reprenais l'embrayage que dans les virages. La machine n'avait plus de compression et le kick descendait tout seul. J'avais mené cette seconde manche, tout semblait facile, surtout que c'était le premier Grand Prix de la saison. Je n'avais pas compris comment j'avais pu dominer, sans forcer. Après ce Grand Prix, j'ai vu que j'avais la possibilité d'aller chercher la couronne mondiale.
Le drapeau à damier pour la première victoire de manche de Jacky à St Jean. *
A la fin de la seconde manche, il y aurait pu y avoir un doublé ! *Autant j'avais bien apprécié Mongay en 125cc, mais en 250cc en 1985, j'en ai un mauvais souvenir. J'étais parti deux fois devant Kinigadner. Quand il remontait, j'en remettais un coup pour qu'il ne croit pas qu'il puisse me doubler, mais finalement il m'a doublé deux fois ! Je termine 2 et 3. Ca m'avait mis le doute. J'avais dominé le début du championnat, et là les autres pilotes me remontaient au classement. C'était un peu de le début de la stagnation.
Lors du Grand Prix d'Espagne 250cc. **Etre un jour Champion du Monde a toujours été présent dans ma tête, ça m'a toujours animé. Il y a des champions qui sont passés à la maison de mes parents : Bickers, Lundin, notamment. Ca m'a marqué. C'est encré profondément et c'est ce qui m'animait, pas besoin de se le rabâcher tout le temps dans sa tête. Tout ce que l'on fait, tout le travail, c'est pour cet objectif.
En 1986, après Angreau, je me suis dit :"Merde, 2 DNF, 2 mauvaises chutes, il est hors de question de refaire comme l'année d'avant. C'est ce qui m'a motivé pour le Grand Prix d'après, que je gagne facilement. En Suisse, je signe le doublé et reprends des points sur M.Rinaldi.
Angreau...***En 1988, le Grand Prix que j'ai gagné en Suède, c'est un bon souvenir. Un Grand Prix 500, c'est la seule victoire qui m'a donné raison de revenir après le Paradis Latin. Je savais que j'en étais capable. Mon objectif final était d'être champion du monde. Finalement, j'ai gagné une manche en 500, un Grand Prix en 500. Si je n'avais pas gagné, cela m'aurait embêté.
Et l'on termine par le Grand Prix d'Allemagne 1986 : " Avant le début du week-end je ne pensais pas être titré. Le samedi, la piste était béton et puis dans la nuit, je me suis réveillé, l'auvent s'était envolé, il pleuvait. Mais pour la course du lendemain, je me suis dit que ça n'allait pas me déranger. Et le dimanche, c'était dans la boue. J'ai réalisé un bon temps chrono et de bons départs. A un tour de la fin, mon mécano a commis une grosse erreur. Il m'a panneauté "Champion du Monde". Et là ça a été le dernier tour le plus dur de ma vie. C'était l'enfer, je n'osais plus sauter, je croyais que ma chaine allait sauter. Même si j'avais une marge sur le deuxième, j'ai dû être le plus lent de tout le plateau, lors du dernier tour !
Dans la boue de Rudersberg. ****

On ne saurait trop vous recommander de lire le livre. 304 pages illustrées de plus de 100 photos et de 38 témoignages d'acteurs et proches ayant accompagné Jacky tout au long de sa carrière, le tout dans un format sympathique, format roman (16x23cms). Vous pouvez commander le livre sur le site ou par mail : mediacross2002@gmail.com pour ceux qui n'ont pas de compte PayPal. Jacky Vimond dédicacera son livre et les posters à St Jean d'Angely ce dimanche 5 avril 2026 !
Photo : P.Haudiquert sauf * J.Courtin, ** Facebook GP Mongay, *** P.Lesage et **** R.Kengeter.

